Cette rentrée de septembre 2011 était particulière et sans doute plus triste qu’à l’accoutumée ; Christiane Desroches–Noblecourt nous avait quitté le 23 juin 2011.

Christiane Desroches-Noblecourt avait conté, dans « la Grande Nubiade » comment elle s’était adressée à l’IGN pour photographier la haute vallée du Nil avant la mise en eau du barrage d’Assouan, puis effectuer les levés qui ont permis de sauver le temple d’Abou-Simbel, enfin effectuer les mesures permettant de fabriquer une reproduction de la tête de la momie de Ramsès II avant d’effectuer les interventions permettant de sauver la momie elle-même. Il s’agissait d’utiliser les techniques habituellement utilisées pour la cartographie (photographie, photogrammétrie, topographie, dessin) dans un but très sensiblement différent de celui auquel elles étaient initialement destinées ; de fil en aiguille, ces demandes initiales allaient conduire l’IGN sur d’autres chantiers en Egypte, notamment à Philae, puis sur bien d’autres grands chantiers de sauvegarde du patrimoine architectural, à Borobudur, Pagan, Angkor, à Lascaux, à la Tour de Pise, sans oublier le Mont St-Michel, le Panthéon et les cathédrales d’Amiens, Beauvais et Paris.

De la carte au patrimoine, il n’y avait donc qu’un pas franchi avec l’imagination et la volonté qui ont marqué toute la vie et la carrière de cette savante qui fût aussi résistante et conservateur des Antiquités orientales au Musée du Louvre avant de développer ses recherches et son activité d’égyptologue jusqu’au rayonnement international.

J’ai souvent cité Christiane Desroches–Noblecourt comme modèle idéal de carrière de fonctionnaire, sans doute bien difficile à approcher, même de loin ; certainement, je continuerai.